Vive-Belgique

Interview de Paula Kuschnir

mardi 20 mai 2008 par Alexandre Govaerts , Chiara Giordano

PK - Je m’appelle Paula et je fais partie de Wayruro depuis un an. Je suis arrivée ici un peu par hasard. J’étais venue pour connaître le nord de l’Argentine (je suis de Santa Fe, le centre de l’Argentine, qui a une physionomie, une culture et une population fort différentes). A mon arrivee ici, les différences culturelles, sociales et géographiques m’ont fortement impressionnée. Puis j’ai eu la chance de connaître les gars de Wayruro et leur travail m’est apparu fort intéressant. Je leur ai donc proposé de les rejoindre pour un petit temps, dès la fin de mes études de communication. Je suis revenue et je suis restée ! Cela fait un an et trois mois que je suis là, et j’ai eu la chance de ne pas connaître de problèmes d’intégration. Ce qui me paraît l’élément fondamental de Wayruro, après un an de travail ici, c’est le groupe humain. Dans ce type d’activité, dans laquelle tout le monde investit beaucoup de volonté, d’idées et de convictions politiques, les relations interpersonnelles sont fondamentales. Il est en effet crucial d’avoir un lien important d’entente et d’amitié entre les membres de Wayruro. J’ai ressenti, depuis le début, qu’ils m’ont accordé un espace important, qu’ils m’ont donné beaucoup de confiance et cette confiance fut mutuelle dès le début. J’ai directement été investie de responsabilités et ce malgré le fait que nous avions quelques différences d’ordre idéologique. Ceci est également un aspect intéressant de Wayruro : une ligne politique claire qui coexiste avec des opinions et discussions quelques fois hétérogènes au sein du groupe. Et cette diversité interne ajoute une qualité supplémentaire aux activités que nous menons. Ce qui me paraît le plus fascinant dans ce projet, c’est que je le vois comme la matérialisation d’un rêve et qu’il est souvent très difficile de pouvoir exercer une activité conforme à ses rêves. J’ai donc eu la possibilité de réaliser ici tous les rêves que j’avais et que je n’ai jamais pu exaucer dans d’autres endroits.

ViVe-Be – Comment fonctionne Wayruro au quotidien ? Tout le monde a un rôle bien précis ?

PK – En réalité, la distribution des rôles dépend de l’activité qui se présente. Bien sûr, il y a des situations et des rôles prédéterminés, selon les capacités ou l’envie de chacun. Par exemple, quand nous faisons un documentaire, nous savons qui filmera, qui se chargera de la production et qui s’occupera de l’édition. Pour les ateliers de formation, par exemple, nous décidons entre nous, lors de la préparation, suivant la volonté et l’implication de chacun, qui va coordonner le projet, qui va assurer la partie technique, etc. Diego [autre membre de Wayruro] et moi, nous sommes impliqués depuis longtemps dans la préparation des ateliers et nous en sommes, par conséquent, un peu les coordinateurs. Mais, nous touchons un peu tous à tout et il arrive quelques fois que nous nous superposions, comme dans toute organisation. L’aspect le plus important est qu’il n’existe pas d’organigramme et que les rôles ne sont donc pas figés, comme dans une entreprise, par exemple. Après, c’est clair que cela génère de temps en temps des conflits internes, mais quand cela arrive, nous nous soutenons mutuellement, ou l’un remplace l’autre, et cela fonctionne a merveille.

ViVe-Be – Y a-t-il souvent de nouveaux visages qui apparaissent à Wayruro ?

PK – Oui, c’est assez dynamique, bien qu’il y ait un noyau central stable, c’est-à-dire les fondateurs, Ariel, Adrian et Rolo, par exemple. D’anciens membres de Wayruro ont quitté l’équipe pour se dédier essentiellement au travail de base dans les barrios. Il arrive également que certaines personnes s’intègrent au groupe pour des activités ponctuelles. Car l’idée de Wayruro est d’intégrer toujours plus de personnes dans le projet. C’est un peu comme une sorte de contagion, nous devenons tous de Wayruro ! La légende du wayruro, qui est une graine colorée appartenant à la tradition andine, veut que si l’on place plusieurs wayruros dans un récipient, les graines se reproduisent spontanément. Et telle est l’idée de Wayruro, c’est-à-dire être un projet en continuelle expansion.


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 101850

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Articles  Suivre la vie du site Interviews   ?

Site réalisé avec SPIP 2.0.8 + ALTERNATIVES

Creative Commons License